
CENTENAIRE JEAN LURÇAT
L'HOMME ET SES LUMIÈRES
L'UVRE PEINT
TAPISSERIES COSMIQUES
ET RELIGIEUSES
AUX ÉDITIONS DU MUSÉE JEAN LURÇAT
ET DE LA TAPISSERIE CONTEMPORAINE,
ANGERS 1992.
DESCRIPTION (extrait) :
1992 fête le centenaire de la naissance de Jean Lurçat. Et peut-être a-t-il fallu ce recul pour qu'on commence à mesurer la portée de son art. Car il n'est pas seulement le rénovateur de la tapisserie, à dater surtout de 1939, où il s'établit à Aubusson ; mais il s'est servi d'elle, de son rôle de décor des grandes surfaces, pour ouvrir à l'art moderne un débouché nouveau et le faire dépasser ses audaces de plus en plus systématiques par une rénovation de la fonction décorative. Le culte exclusif du tableau de chevalet favorisait la quête de la solution des problèmes plastiques expérimentaux ou, sous l'influence de la psychanalyse, des aspirations psychologiques du surréalisme. L'art moderne s'enfonçait ainsi dans une surenchère de plus en plus systématique de ce qu'on appelait ses "audaces" et qui devenait, en fait, un système mental.
Dans tout mouvement d'idées et de sensibilité, il existe un point de saturation et il faut avoir la force de casser l'élan acquis, pour ouvrir une direction nouvelle. Il faut savoir marquer la fin de tout chapitre, pour ouvrir le suivant. Avec la sûreté de son instinct, Lurçat l'a ressenti et le choix d'une technique relativement négligée lui a permis de s'engager dans une voie neuve celle des grandes surfaces décoratives. Celle-ci avait l'avantage, par l'extension des dimensions et l'évolution de la fonction, de permettre une synthèse.
La tapisserie, que rénovait Lurçat, exigeait par ses dimensions et sa fonction murale l'épanouissement de la plastique, en posant ses problèmes de façon neuve, à grande échelle. En même temps, par la lecture murale de ses thèmes, elle rénovait leur sens ainsi que leur mission suggestive et poétique. Elle impliquait donc l'aboutissement conjoint des deux grandes voies où s'était engagé l'art moderne, en menant la plastique jusqu'à l'éloquence du grand décor et la suggestion jusqu'à l'ampleur du poème mural. Tout cela, Lurçat le pressentit et le déploya au maximum.
Par là, on s'en apercevra toujours davantage, Lurçat effectuait une synthèse conclusive de "l'école moderne" et relançait l'art, rénové, chargé de forces neuves, sur la grande voie évolutive, dont il semblait avoir rompu la continuité.
René Huygue
de l'Académie Française
mars 1992
TABLE DES MATIÈRES :
Remerciements
Préface par René Huygue
Témoignage par Denise Majorel
Biographie
RETROSPECTIVE DE L'UVRE PEINT
Jean Lurçat le peintre oublié par Gérard Denizeau
Les derniers paysages de Jean Lurçat par Christian Zervos
TAPISSERIES COSMIQUES ET RELIGIEUSES
Catalogue
Expositions personnelles de peinture
Expositions collectives (sélection)
Bibliographie
Collections du musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine d'Angers
Donation Simone Lurçat, 1988
JEAN LURÇAT :
Jean Lurçat
Peintre et tapissier français (Bruyères, Vosges, 1892 Saint-Paul-de-Vence 1966).
Après des études médicales, il étudie dans l'atelier de Victor Prouvé, maître des Arts décoratifs nancéiens. Puis il se rend à Paris, aux Beaux-Arts et à l'académie Colarossi. Il fonde alors la revue les Feuilles de mai, à laquelle collaborent Bourdelle, Élie Faure, Rilke, Ilya Ehrenbourg.
Malgré quelques essais de tapisserie au canevas (le Cirque, 1922, pour Mme Cuttoli), il se consacre à la peinture entre 1919 et 1936, subissant l'influence de Matisse, du Cubisme et du Surréalisme. Après un séjour en Suisse avec Rilke, Hermann Hesse et Jeanne Bucher, son activité picturale reçoit une impulsion décisive d'une série de voyages dans les pays méditerranéens et en Afrique du Nord (1924 et 1929 ; le Spahi, 1925 ; Trois Personnages, 1927 ; Asie Mineure, 1933).
Mais les préoccupations monumentales et décoratives de Lurçat le poussent à aborder la tapisserie et, dès 1933, il fait exécuter sa première tapisserie sur basse lisse (l'Orage, Paris, M. N. A. M.). La découverte, en 1937, de l'Apocalypse d'Angers catalyse cette passion et encourage Lurçat dans sa recherche originale, différente de la composition picturale. Ainsi, dans ses Forêts de 1937, la perspective disparaît tout à fait au profit de l'espace propre à la tapisserie. Installé en 1939 à Aubusson avec Gromaire et Dubreuil, Lurçat entreprend la réorganisation qui bientôt devient une résurrection du grand centre abandonné.
L'art des lissiers renaît en France sous son impulsion, et sa propre production se poursuit, très abondante, avec une vision ample et décorative, riche d'un arrière-plan poétique et philosophique, faite de lyrisme et de construction (les Quatre Saisons, 1940 ; la Terre, 1943 ; Apocalypse pour l'église d'Assy, 1947 ; le Chant du monde, ensemble de 500 mètres carrés, 1957-1964, auj. exposé à l'hôpital Saint-Jean d'Angers).
NOTICE :
Titre : Centenaire Jean Lurçat : L'Homme et ses lumières (rétrospective de l'oeuvre peint, tapisseries cosmiques et religieuses)
Auteur : Collectif
Edition : Musée Jean Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Angers 1992
Nombre de pages : 88 p. avec de nbreuses ill. couleurs et n&b dans le texte
Format : Broché avec rabats, 21 x 29,7 x 1 cm
Etat : Cet ouvrage est en bon état.
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